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Des universitaires grenoblois ont réalisé une étude du projet de loi El Khomri pour évaluer son impact sur l'emploi, en particulier des jeunes.

Vous pouvez retrouver cette étude (17 pages) sur leur site : http://interasso.fr/contribution-sur-la-loi-de-travail/

Voici la réponse et les questions adressées à leur président : 

Cher Monsieur,

j'ai lu avec grand intérêt l'étude que vous avez faite sur les aspects de la loi travail qui impacteront les créations d'emploi pour la jeunesse.  Nous manquons en effet de documents élaborés qui analysent en experts ce texte.  Félicitations.

Je ne suis pas spécialiste en économie, mais je suis arrivé à suivre votre démonstration et j'en tire la même conclusion que vous : rien n'indique avec certitude que cette loi sera créatrice d'emploi, ni le contraire.  L'économie n'est pas une science exacte : ainsi on a longtemps prétendu que le coût prohibitif du pétrole plombait nos entreprises...  Le prix du baril (surtout en euro constant) est ridiculement bas : où vont les bénéfices ?  

Dans votre formule initiale, vous vous êtes uniquement intéressés à la variable travail (nb d'emplois, salaires, productivité) en oubliant la fin de la formule R.K(coût du capital).  S'il y a un malaise aujourd'hui avec ce projet de loi, c'est en grande partie à cause de cet "oubli" : depuis des décennies l'équilibre entre revenus du travail et du capital a sans cesse évolué dans le sens des financiers, actionnaires etc. Et rien n'est fait pour rééquilibrer la balance, qui créerait pourtant beaucoup d'emplois et de pouvoir d'achat (donc de consommation, ce qui n'est pas négligeable dans le système économique actuel, même si on peut s'interroger sur l'avenir d'une expansion sans fin...).

Enfin, le code du travail n'est pas un manuel d'économie mais de "savoir vivre" régulant les relations employeurs-syndicats-salariés, c'est-à-dire qui tient compte des rapports de classes, qui temporise le pouvoir discrétionnaire du patron par des droits pour les travailleurs ET leurs représentants, et cette loi tend à affaiblir le rôle des syndicats, pourtant déjà à bout de souffle.  Cette loi prétend contribuer à mettre à égalité l'employeur et l'employé, ce qui est une mauvaise plaisanterie.

La défense des travailleurs y est tellement négligée que l'article 6 du préambule au code du travail donne au salarié "le droit de manifester ses convictions, y compris religieuses" : préférer livrer les travailleurs précarisés aux bons soins des prêcheurs d'un au-delà paradisiaque plutôt qu'à des syndicalistes les encourageant à exiger une vie décente, serait déjà une raison suffisante pour rejeter ce texte.

Je comprend la position raisonnée de votre analyse, mais elle ne couvre qu'un tout petit aspect de ce projet, qui est rejeté pour sa tendance générale à précariser la population, en particulier, comme vous l'avez très bien souligné, ceux qui sont les moins formés.  Il est d'autant plus important que les personnes compétentes comme vous nous aident à y voir clair.

Cordialement

Bob de Ganges

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Date de création : 23/04/2016 02:25
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